COSUMAR
l’opérateur d’une filière nationale

Le sucre est un produit de première nécessité. Cette réalité fixe le cadre de l’activité: l’approvisionnement du marché national reste assuré quelles que soient les conditions climatiques, la volatilité des cours mondiaux ou la pression sur les coûts énergétiques. Le Groupe couvre 100 % des besoins nationaux, soit une consommation annuelle de 1,23 million de tonnes, avec une capacité de raffinage de 2,5 millions de tonnes de sucre depuis la mise en service industrielle de la raffinerie de Sidi Bennour. Neuf sites industriels, sept sucreries régionales et deux raffineries, composent son outil de production, et l’ensemble de ses produits porte le label Made in Morocco. Le modèle du Groupe repose sur deux sources complémentaires. La première est l’extraction du sucre à partir des plantes sucrières nationales, la betterave et la canne, cultivées par 80 000 agriculteurs partenaires dans cinq régions sucrières: Doukkala, Gharb, Loukkos, Tadla et Moulouya. Ce modèle d’agrégation a été distingué par la FAO dès 2009. La production locale varie avec les conditions climatiques et les surfaces emblavées: elle couvre jusqu’à 50% des besoins nationaux selon les campagnes. La seconde source est le raffinage du sucre brut importé, opéré à Casablanca et à Sidi Bennour. Les équipes agronomiques accompagnent les agriculteurs partenaires sur l’ensemble du cycle de culture, du choix variétal à la récolte. La plateforme digitale Attaissir, qui compte 46 000 utilisateurs, gère la relation contractuelle et le suivi des livraisons en sucrerie.

2005, la reprise des sucreries publiques
L’année 2005 marque un changement d’échelle pour le Groupe COSUMAR. Dans le cadre du désengagement de l’État, le sucrier marocain reprend les quatre sociétés sucrières publiques — SUTA, SUNABEL, SURAC et SUCRAFOR. Le Groupe, jusque-là présent sur le raffinage à Casablanca et sur l’extraction de la betterave à Sidi Bennour, prend la responsabilité de l’ensemble de la filière sucrière nationale: les sucreries régionales, les périmètres betteraviers et canniers, la relation directe avec des dizaines de milliers d’agriculteurs. L’acquisition ouvrait un long travail stratégique de restructuration. Les unités reprises présentaient des niveaux techniques et des référentiels hétérogènes. Une mise à niveau d’ensemble a été engagée, alignant procédés, standards qualité et systèmes de gestion sur un référentiel commun. L’enjeu était alors la qualité: livrer au consommateur marocain un sucre de qualité homogène, quel que soit le site d’origine, sur l’ensemble du territoire que le Groupe approvisionne.
Cet effort a mobilisé plus de 10 milliards de dirhams d’investissement sur les dernières années. Il a porté sur la mise à niveau technologique de l’outil industriel, la performance énergétique des sites, l’augmentation des capacités de la raffinerie de Casablanca et, plus récemment, la mise en service de la raffinerie de Sidi Bennour. Cette montée en maturité s’est concrétisée dans les certifications obtenues: première entreprise du secteur certifiée ISO 9001 dès 2007, le Groupe a été le premier lauréat du Label RSE de la CGEM en 2010.

Une capacité qui trouve ses débouchés à l’export
Dimensionnée au-delà des besoins intérieurs, sa capacité industrielle trouve aussi son équilibre sur les marchés extérieurs. COSUMAR a exporté 851 kilotonnes en 2025 vers plus de 90 marchés, en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et sur le continent américain, portant le cumul à plus de 6 millions de tonnes depuis 2013. Ces opérations s’effectuent hors système de compensation. Le cap est fixé à un million de tonnes exportées par an à partir de 2026. L’accès à ces marchés s’appuie sur des certifications dédiées: en 2025, la sucrerie-raffinerie de Doukkala a obtenu la certification FSSC 22000 ainsi que les labels Halal et Kosher pour ses produits destinés à l’export. Cette ambition à l’export s’appuie sur une chaîne logistique renforcée: une capacité de stockage de plus d’un million de tonnes, relayée par un réseau de 13 agences, qui permet d’alimenter sans rupture le marché national comme les marchés d’exportation.

L’énergie, le carbone et les coproduits
Le Groupe poursuit une stratégie de diversification adossée à son outil industriel. Elle repose sur la valorisation des coproduits, le développement de l’énergie verte et la transformation des rejets industriels en produits commercialisables. COSUMAR intègre ainsi la durabilité dans son modèle économique. Ses émissions de CO2 ont reculé de 45,5 % depuis 2016. Sur le plan énergétique, le Groupe déploie depuis 2007 un programme d’efficacité couronné par la certification ISO 50001. Le mix combustible évolue site par site. Le grignon d’olives est intégré comme biomasse au niveau des sucreries à betteraves. La bagasse issue de la canne alimente les chaudières de la sucrerie qui la produit. Le séchage de la pulpe, longtemps assuré au fuel, se fait désormais par voie solaire: ce seul changement évite 77,46 kilotonnes de CO2 par an et génère 15 % de gains énergétiques. À la raffinerie de Casablanca, un turbo-alternateur de 8 MW inauguré en décembre 2025 couvre l’intégralité des besoins électriques du site, auparavant achetés à l’extérieur.
L’économie circulaire amplifie cette dynamique: 439,9 kilotonnes de coproduits ont été valorisées en 2025. Le projet LCO2 Food Grade Premium, plus de 500 millions de dirhams d’investissement, capte le CO2 de la chaudière de la raffinerie de Casablanca pour produire, à raison de 20 000 tonnes par an, un CO2 liquide alimentaire d’une pureté de 99,9 %, certifié aux standards ISBT et EIGA, destiné aux industries agroalimentaires, à la pharmacie, à la cryogénie et au dessalement. Il réduira d’environ 10 % les émissions de la raffinerie. Ce pilote entrera en activité au premier trimestre 2027. Le contexte hydrique s’améliore, les taux de remplissage des barrages atteignant leur meilleur niveau depuis dix ans. Le Groupe entend mettre à profit cette fenêtre aux côtés de ses agriculteurs partenaires. Les efforts engagés sur l’amont agricole, l’outil industriel et la valorisation des coproduits se poursuivront dans la même direction: renforcer la filière sucrière nationale et la part du sucre d’origine marocaine dans la consommation du pays. COSUMAR poursuit le développement de la filière sucrière marocaine au service de la souveraineté alimentaire du pays, tout en menant un programme de diversification progressive et à forte valeur ajoutée de ses activités.

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