Sofrecom Maroc
Voir clair, produire, mesurer l’impact: la méthode Sofrecom Maroc

Partir des besoins réels, relier le business et la technique, transformer les processus et mesurer la valeur créée : c’est l’approche de Sofrecom Maroc pour aider ses clients à avancer concrètement avec l’IA et contribuer à son adoption durable au Maroc. Explications de Stefan Ionescu, CEO de Sofrecom Maroc.

Sofrecom est souvent perçue comme un acteur du conseil. Vous mettez également en avant votre capacité à produire. Comment cette double expertise se traduit-elle dans votre approche ?
Nous avons commencé par le business et la technique. Une solution technologique n’a de sens que si elle répond à un enjeu réel de l’entreprise. Nous ne nous arrêtons donc pas au conseil. Nous concevons, produisons, déployons et nous engageons sur la qualité de ce que nous délivrons. Cette continuité entre la compréhension du besoin et la mise en œuvre nous permet d’accompagner nos clients jusqu’aux résultats. Notre principal différenciateur reste l’humain. Nos équipes combinent compréhension du business, expertise technique et capacité à se réinventer. Une recommandation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre, adoptée et produire un résultat concret.

À l’heure où l’IA est partout, comment vous assurez-vous qu’elle crée une valeur réelle ?
Nous ne commençons pas par nous demander où mettre de l’IA. Nous commençons par comprendre le problème à résoudre. Concrètement, cela veut dire clarifier le besoin métier : pour quels utilisateurs ? Dans quelles conditions la solution pourra-t-elle être utilisée et maintenue ? Cette compréhension alimente ensuite notre business case, qui chiffre l’impact attendu et le coût de la solution. Dans certains cas, l’IA sera la bonne réponse. Dans d’autres, il faudra d’abord simplifier le processus, améliorer les données ou clarifier les responsabilités. L’IA ne corrige pas automatiquement un processus mal conçu. Il faut parfois revoir le flux de bout en bout, supprimer les étapes sans valeur et réduire les points de friction avant d’automatiser. C’est ce que nous appelons la réingénierie des processus augmentée par l’IA. La valeur se mesure avec des indicateurs concrets : temps gagné, qualité, réduction des erreurs, rapidité de décision ou expérience utilisateur.

Vous avez choisi de travailler d’abord sur vos propres processus. Qu’est-ce que cette démarche change concrètement ?
Concrètement, nous avons commencé par analyser certains processus internes, notamment dans la production, le développement, les tests applicatifs et certaines activités commerciales. L’objectif n’est pas d’automatiser pour automatiser, mais de mieux produire, plus rapidement et avec une qualité constante. Cette démarche nous aide à mieux comprendre les conditions de réussite avant de proposer l’accompagnement à nos clients finaux : qualité des données, intégration aux outils existants, sécurité, adoption par les équipes et coût d’exploitation. Nous pouvons ainsi partager avec nos clients une expérience concrète, avec ses résultats, mais aussi ses limites et les efforts nécessaires pour passer à l’échelle.

Quels résultats cette transformation produit-elle déjà ?
Nous avons choisi d’être notre premier terrain d’application, cette démarche engagée de transformation de nos propres processus avec l’IA a permis de mieux produire, plus rapidement et avec une qualité constante. C’est ce qui nous permet d’apporter une vraie valeur ajoutée à nos clients : nous pouvons leur partager une expérience vécue, avec ses résultats, mais aussi ses limitesD’ailleurs le test est l’un des processus sur lesquels nous avons le plus avancé. Il illustre bien cette démarche en automatisant la génération des scénarios et du code de test, en analysant les user stories, en générant les scénarios, en créant les tickets nécessaires, puis en produisant directement le code exécuté. Les premiers résultats ont montré une réduction de 60 % du temps consacré à la création et à l’exécution des tests, avec une couverture fonctionnelle de 95 %. Ce projet a remporté les Sofrecom Awards 2026 et atteint la finale des African CIO Awards 2026, lors du Gitex Africa. Nous menons le même travail de transformation sur nos autres processus internes (production, développement, certaines activités commerciales), mais nous devons rester lucides : un résultat positif sur un cas d’usage ne suffit pas à démontrer toute la valeur de l’IA. Nous sommes maintenant dans une phase d’industrialisation, avec un travail important sur le coût total de possession, ou TCO.
Nous devons mesurer la valeur sur l’ensemble du cycle de vie : conception, intégration, exploitation, maintenance, sécurité, accompagnement et évolution. C’est cette analyse qui permettra d’identifier les usages déployables à grande échelle.

Une transformation par l’IA ne repose pas uniquement sur les outils. Comment faites-vous évoluer les compétences et les métiers ?
J’aime cette question, parce qu’elle est essentielle. En repensant nos activités, nous ne faisons pas seulement évoluer les métiers existants. De nouveaux métiers vont apparaître, tandis que certaines activités vont se réduire ou se transformer. Notre responsabilité est d’abord de donner confiance : expliquer ce qui change, accompagner les équipes et les former dans les bonnes directions. Cela ne concerne pas uniquement les compétences techniques. La capacité à analyser un problème, collaborer, communiquer, décider, apprendre et se réinventer devient tout aussi importante. Les compétences humaines ne disparaissent pas avec l’IA ; elles prennent souvent davantage de valeur. Nous avons mis en place une acculturation ouverte à tous, des parcours adaptés aux managers et aux métiers, ainsi que des ateliers et des projets pour apprendre en situation réelle. Une formation seule ne suffit pas. Les compétences se construisent dans l’action. Nos collaborateurs ne sont pas seulement les utilisateurs de cette transformation : ils en sont les acteurs. Leur intelligence, leur expérience et leur capacité à se réinventer sont au cœur de notre différenciation.

Pourquoi les partenariats avec les universités et les écoles marocaines sont-ils stratégiques pour Sofrecom Maroc ?
Parce que notre capacité à créer de la valeur au Maroc dépend aussi de notre capacité à développer les talents. Nous travaillons déjà avec des écoles d’ingénieurs, des universités et des écoles du numérique à travers des stages, des forums, des interventions, des visites et des hackathons. Sur les douze derniers mois, nous avons accueilli 110 stagiaires, avec un taux de transformation annoncé de près de 24 % en CDI ou en CDDNous voulons maintenant construire avec nos partenaires des parcours permettant aux débutants de s’intégrer plus rapidement dans l’entreprise, en combinant leurs méthodes pédagogiques avec notre expérience des projets. Les agents d’IA peuvent les aider à apprendre plus vite et à progresser sur des tâches concrètes. Ils ne remplacent ni l’accompagnement ni le jugement, mais peuvent accélérer l’acquisition d’expérience.
Je suis convaincu que les juniors auront un grand apport sur notre activité. Nos métiers ont besoin de leurs idées, de leur curiosité et de leur manière de regarder les problèmes. L’expérience des profils seniors reste essentielle. Mais une organisation qui veut innover doit aussi savoir intégrer et faire grandir de nouveaux talents. C’est un pari que nous voulons gagner ensemble.

Comment cette expérience se traduit-elle dans vos offres pour les clients ?
Nos clients attendent des résultats, pas uniquement des recommandations sur l’IA. Un cas d’usage doit être relié à un processus, à des utilisateurs, à des données, à des indicateurs et à un modèle économique viable. Nous pouvons accompagner nos clients de bout en bout : compréhension du besoin, réingénierie du processus, définition du business case, conception, déploiement, mesure de la valeur et amélioration continue. Cette approche combine conseil à valeur, expertise technologique et capacité de réalisation. Nous voulons aider nos clients à passer d’une idée à une solution opérationnelle, puis à une capacité durable.

Quelle place Sofrecom Maroc veut-elle occuper dans l’écosystème marocain ?
Nous voulons être un partenaire capable de relier compréhension des enjeux business, maîtrise technologique et capacité à produire des résultats. Cela signifie travailler avec les entreprises, les universités, les écoles, les partenaires technologiques et les acteurs institutionnels. Nous avons encore des étapes à franchir. L’industrialisation de l’IA demande du temps, des compétences, des investissements et une mesure rigoureuse de la valeur. Nous ne prétendons pas avoir toutes les réponses seuls. Nous voulons avancer avec des partenaires, partager les expériences, construire des cas d’usage adaptés au marché marocain et développer les compétences nécessaires. La visibilité se construit par des projets réussis, des résultats mesurés, des talents développés et une contribution réelle à l’écosystème.

Quelles sont les prochaines étapes pour Sofrecom Maroc ?
La prochaine étape est de construire une organisation innovante à tous les niveaux. L’IA en sera le catalyseur. Nos équipes seront le moteur. Nos partenaires seront l’accélérateur.
Nous voulons améliorer nos processus, faire évoluer les compétences et industrialiser les usages qui démontrent leur valeur. Nous souhaitons aussi travailler avec nos clients et nos partenaires pour construire des solutions adaptées aux réalités marocaines et mesurer ensemble leur impact. Nous avons encore beaucoup à apprendre et à construire. C’est pourquoi nous lançons un appel aux entreprises, universités, écoles, partenaires technologiques et acteurs institutionnels qui souhaitent avancer avec nous. Ensemble, nous pouvons faire de l’IA une capacité concrète pour améliorer la performance des entreprises, développer les talents et soutenir l’évolution du marché marocain.

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